Retour sur Devoxx 2026 — vendredi

Après le jeudi, voici la rétrospective de la seconde journée de Devoxx 2026. Elle démarre par les keynotes que j’apprécie toujours autant pour la prise de hauteur qu’elles offrent souvent ainsi que leur diversité. Elle se termine par la désormais traditionnelle keynote de fermeture assurée par les castcodeurs. C’est toujours cool de voir pour de vrai les femmes et les hommes qu’on écoute toute l’année dans son appli de podcast.
Keynotes du vendredi
L’IA au défi de la condition humaine par Jean-Gabriel Ganascia
J’ai bien aimé le ton de cette keynote qui permet de casser un mythe auquel j’espère personne n’a cru et qu’au moins personne ne croit encore : l’IA n’a jamais été un moyen de nous emmanciper des contraintes du monde. C’est évident, mais il vaut mieux continuer à propager le bon sens : le bonheur sans la souffrance, l’oisiveté sans le travail, la liberté sans une forme d’asservissement sont impossibles à dissocier.
La course à l’IA : La France risque-t-elle de devenir un “territoire servant”? par Loup Cellard
J’ai trouvé cette keynote assez brouillon. Je n’ai pas appris grand-chose. J’aurais souhaité des punchlines un peu plus percutantes et un discours qu’on puisse retenir de manière plus pérenne.
Limits, Requests, QoS, PriorityClasses, démystifions le scheduling dans K8s ! par Denis Germain et Quentin Joly
Le choix de cette conférence s’est clairement fait en rapport avec mes travaux en cours sur mon boulot actuel où il faut bien trouver des valeurs à remplir dans les yaml de l’enfer de Kubernetes. Ce talk a présenté par des cas concrets et des démos interactives les différentes expérimentations et cas d’usage qu’on peut retrouver dans les déploiements Kube. Les touches d’humour ajoutées par Denis et Pierre en font un moment agréable à passer quoique très instructif par ailleurs.
La magie d’OpenTelemetry : réécrire votre app en production par Bruce Bujon
J’avais déjà été voir une présentation de Bruce il y a deux ans. Cette fois, il a eu le droit à l’amphi bleu et pour le coup sa présentation était vraiment brillante du début à la fin. On peut assister à une démonstration pas à pas de ce qu’il se passe avec l’agent Java qu’on ajoute à nos jvms pour auto-instrumenter le code. Le diff de code décompilé avant/après va vous étonner®. Je recommande chaudement.
Explorer en profondeur un domaine en explorant les publications scientifiques par Cyrille Martraire
Fan service sur ce talk, mais pas que. Cyrille est évidemment pour moi quelqu’un qu’il faut suivre et écouter. Mais en
plus à l’heure où tout doit aller plus vite et qu’on pourrait penser que ne faire qu’effleurer les sujets suffit à
faire le job, cette conférence permet de prendre le contre-pied de la tendance et au contraire redonne de l’importance
et du goût pour le temps passé à chercher et à décrypter soi-même les informations à leur source : les publications
scientifiques. Par le biais d’un exemple non technologique — le groove — Cyrille nous distille ses conseils pour nous
permettre d’exploiter cette mine d’information plus fiable que la moyenne. Passionant ![]()
Détectives de la prod : résoudre l’enquête avant le crash par Sébastien Ferrer
Là encore un choix ancré dans ce que je vis plus ou moins volontairement au travail au jour le jour, cette conf m’a bien parlé et j’ai pu bénéficier d’un retour sur expérience d’un dev devenu SRE à temps partiel. La différence entre lui et moi : il semble y trouver du plaisir là où je n’y trouve qu’une source de stress et de problèmes inintéressants. Sans rentrer dans la psychanalyse et parce que ce billet de blog est un retour des talks plutôt que du conférencier :face_with_hand_over_mouth:, voici mon feedback : merci pour les traits d’humour. J’ai bien ri. L’explication de la démarche mise en place est intéressante.
Semantic Layer : faire parler vos données avec l’IA sans hallucinations par Vincent Heuschling
Motivé par le nom de l’orateur qui, encore une fois, m’accompagne assez souvent par le biais de son podcast, j’ai foncé découvrir cette conf. Malheureusement pris par une conversation avec un ancien collègue et ami, j’ai loupé le début dans lequel Vincent a sûrement dû rappeler à l’auditoire le concept de semantic layer qui est un fondement assez important dans le produit que je développe.
J’ai ensuite raccorché les wagons grâce à sa démo interactive où il construit un modèle sémantique assez basique à base d’une sorte de format ad-hoc yaml interprétable par une IA dont la logique approximative et l’absence totale de rigueur n’empêche toutefois pas le LLM de générer parfois la bonne requête.
Bon ok j’imagine qu’on peut deviner que je n’ai pas forcément été convaincu par la solution technique. En revanche la démarche reste totalement pertinente :
- documenter le sens d’une métrique métier
- la ranger dans un endroit bien précis
- permettre d’obtenir un consensus sur la sémantique
- se construire un référentiel commun comme base de travail solide dans son organisation
Hackez la “Due Diligence” : 70 jours/homme sauvés grâce à gemini-cli par Ahmed Boussadia
Ahmed nous explique comment il est parvenu à utiliser gemini pour automatiser bon nombre des réponses réglementaires demandées dans son business par ses clients. Une fois n’est pas coutume, si ce retour est sincère, on observe ici à peu près que des effets positifs de l’usage de l’IA :
- accélération de tâches réellement rébarbatives
- exploitation du domaine où les LLM excellent : tirer le meilleur d’un corpus documentaire déjà bien établi et fiable
- les dangers de la dépossession du savoir faire sont évités, car les audits interdisent de tricher : votre auditeur souhaite obtenir la preuve que c’est bien vous le RSSI qui pouvez justifier de toutes les réponses apportées dans les documents de référence
Cette conférence n’était clairement pas mon premier choix. Cependant j’en retire de bons enseignements loin de ma zone de confort.
Les Cast Codeurs sans casque, sans écran mais avec de la joie par Arnaud Héritier, Guillaume Laforge, Emmanuel Bernard, Antonio Goncalves et Katia Aresti
Ça sent la fin de Devoxx quand on se rend aux castcodeurs. On les suis depuis tellement longtemps. C’est agréable de les voir faire le show. Et puis on se boit une petite bière. C’est convivial.
Conclusion Devoxx 2026
Fin de Devoxx. On part en week-end avec pas mal de bons souvenirs : recroiser les connaissances, découvrir de nouvelles choses, décoller de son écran et de son clavier pour deux jours. Encore mille mercis à [Éric] pour ces deux jours.
Crédit photo
Porte Maillot par Ernst Kers sous licence CC BY-NC-SA 2.0.