Les univers simulés par ordinateur m’ont toujours un peu fascinés. Ça a débuté, je pense avec des jeux vidéos simples puis évidemment encouragé par la suite par le film Matrix. Mais ce qui m’intéresse particulièrement, c’est la capacité qu’ont ces systèmes à vous transporter dans un monde avec lequel les conséquences de ses expérimentations sont bien moins importantes que la réalité. On s’y sent libre. C’est pourquoi le documentaire La vraie vie sur Arte m’a si particulièrement plu : il creuse tous ces sujets, il est drôle et bien construit.

Le lien entre réel et simulation est toutefois bien présent, car l’acteur qui va incarner son propre rôle sur le serveur semble tout sauf le type de personnes à passer ses nuits dans un monde virtuel. Pourtant, il va prendre son rôle à cœur et délivrer une excellente performance d’improvisation.

Cette performance est également collective : on a l’occasion de le découvrir dans le making-of. C’est en réalité toute une équipe qui scripte, prépare, organise et soutien le projet. Des dispositifs techniques comme des joysticks sont mis en place pour faciliter une prise de vue de qualité.

Les interactions avec les joueurs nous en apprennent chaque fois un peu plus sur les motivations sous-jacentes qui les poussent à se connecter. C’est extrêmement intéressant de voir à quel point le serveur Role play d’Arma a ici un rôle d’échappatoire et d’exutoire du monde réel : on se cache derrière un avatar afin de devenir riche, tomber amoureux ou bien exercer un métier rêvé. Parfois ces motivations sont encore plus profondes et traduisent la violence de notre société actuelle : expériences professionnelles traumatisantes ou racisme.

Je conseille très fortement le visionnage de ce documentaire en cinq parties et son making-of, disponible sur Arte.tv.